Une clinique chiropratique de Montréal au service des sans-abri

 
Au Québec est né, au terme de sept ans de préparation, un projet encore peu connu. Il s’agit d’une clinique chiropratique intégrée à l’Accueil Bonneau, le plus grand organisme de services à Montréal, dont la mission est d’accompagner les hommes sans-abri ou à risque vers une réinsertion sociale. Ce projet a été lancé en 2011 par l’Association des chiropraticiens du Québec (ACQ), en collaboration avec certains de ses membres. Aujourd’hui, il donne d’excellents résultats dans la communauté. Les chiropraticiens qui ont uni leurs efforts pour mettre sur pied ce projet étaient conscients des besoins des sans-abri de la ville et constataient que bon nombre de leurs problèmes de santé étaient de nature musculosquelettique. Beaucoup de ceux qui vivent dans la rue dorment sur le sol, marchent pendant de longues périodes, portent de vieilles chaussures et présentent des troubles de santé physique et mentale. Les soins chiropratiques étaient une solution tout indiquée pour leur venir en aide d’une manière unique. En 2012, après beaucoup de planification, les chiropraticiens, en collaboration avec l’Accueil Bonneau, ont demandé la collaboration de l’ACQ, leur association provinciale. Le projet a reçu une subvention de 10 000 $ de l’ACQ et un financement important des généreux donateurs de la Fondation Accueil Bonneau. MTM Medical Tronik a permis l’achat de l’appareil de radiologie à tarif réduit, et Chirosoft a fait don d’un logiciel pour faciliter la gestion de la clinique et des dossiers patients. Lorsqu’elle a ouvert ses portes en janvier 2016, la clinique comptait 29 patients et 20 chiropraticiens bénévoles. Deux ans plus tard, il y avait 100 patients et 46 bénévoles. La clinique chiropratique de l’Accueil Bonneau travaille avec les membres du programme de réinsertion sociale, dont le rôle consiste à aider les sans-abri à sortir de la rue, à se trouver un emploi et un logement à long terme. La Dre Renée Dallaire, une bénévole qui fait partie du projet depuis le début, décrit l’initiative comme une « alliance exemplaire » entre l’équipe de l’ACQ et celle de l’Accueil Bonneau, et souligne les connaissances et les compétences des chiropraticiens bénévoles et l’expérience des travailleurs de proximité de l’Accueil Bonneau. De nombreux bénévoles estiment que ce projet leur offre une excellente occasion de mettre à profit leurs connaissances de manières différentes. Cette initiative donne également aux participants la possibilité de rencontrer d’autres chiropraticiens et de travailler ensemble, ce qui est particulièrement intéressant pour les chiropraticiens qui ne sont pas nécessairement appelés à travailler dans un environnement collaboratif au quotidien. Les bénévoles n’ont que des commentaires positifs à l’égard du programme. « Dans la vie de tous les jours, affirme la Dre Dallaire, avec nos horaires chargés et notre travail, il n’est pas toujours facile de s’arrêter et de prendre du temps pour faire du bénévolat, mais une seule journée peut réellement changer la vie de quelqu’un. » Selon Nicolas Pagot, le directeur des Programmes et services à l’Accueil Bonneau, le programme apporte beaucoup aux membres de la communauté. « Depuis la mise en place de cette clinique, déclare-t-il, quelle fierté de voir les effets bénéfiques sur les bénéficiaires du programme. Bien souvent, une fois que les maux physiques diminuent, nous remarquons un sourire naissant et une envie chez nos gars de prendre soin d’eux et d’améliorer leurs conditions de vie. » Les chiropraticiens témoignent souvent de ce que cette expérience leur a apporté sur le plan personnel. « Nous avons un impact réel et positif sur leur vie, et ils en ont un également sur la nôtre, explique la Dre Myriam Ganier, bénévole à la clinique. Sentir qu’on change les choses, confirmer le privilège d’avoir un entourage pour nous soutenir, créer des liens forts. » Une autre bénévole, la Dre Arielle Nkambou, parle de la façon dont le programme l’a touchée : « J’ai décidé de sortir de ma zone de confort pour aller explorer un terrain inconnu et j’en suis fière. Je suis fière de ma profession! Et j’encourage chacun de mes collègues chiropraticiens à faire de même. Donnons au suivant! » La Dre Dallaire explique à quel point cette interaction humaine – et humanitaire – est importante pour les hommes qui participent au programme. « Nous avons mené des entrevues avec les patients. Ils nous ont raconté leur histoire, expliqué comment et pourquoi ils sont devenus sans-abri. Ces rencontres ont été fortes en émotions. » Pour de nombreux bénéficiaires du programme, le fait d’être traité par un chiropraticien est une grande marque d’humanité. « Pour certains d’entre eux, affirme la Dre Dallaire, le simple fait de se laisser toucher par une autre personne est une grande étape à franchir, car beaucoup n’ont pas été touchés depuis des années. Ce n’est pas facile pour eux de laisser quelqu’un prendre soin d’eux. » Pagot explique en quoi ce programme a un effet sur la communauté : « Ce qui me rend le plus fier dans cette initiative, c’est le lien grandissant se développant entre les chiropraticiens et les gars de Bonneau. Un lien rempli d’humanité, de respect, d’empathie. » La clinique a remporté un tel succès qu’en 2016, elle a reçu la Médaille de distinction de l’Ordre des chiropraticiens du Québec. En 2018, l’Accueil Bonneau a décerné le prix Monique-Picard à l’ACQ, en reconnaissance de l’implication extraordinaire des bénévoles qui appuient leur communauté de façon novatrice. La fréquence et la durée des services que les chiropraticiens offrent à la clinique varient selon leurs disponibilités. Certains viennent chaque semaine ou chaque mois, et d’autres une ou deux fois par année. Les organisateurs souhaitent avant tout le concours du plus grand nombre de bénévoles possible, et mettent l’accent sur l’inclusion et le service à la communauté plutôt que sur un engagement d’une durée déterminée. Bon nombre des bénévoles pratiquent à Montréal, à Laval et sur la Rive-Sud de Montréal, mais d’autres viennent d’aussi loin que Québec (trois heures de route), l’Abitibi (huit heures de route) et même la Gaspésie (de 10 à 12 heures de route) pour donner de leur temps. La Dre Laura Benhaïm, une autre bénévole, donne ses impressions : « On n’a pas toujours les moyens de donner à des causes qu’on trouve importantes, mais donner quelques heures par mois ou même par année, c’est très faisable et ça rapporte à tout le monde. » Quelle que soit la province où vous pratiquez, n’oubliez pas de toujours donner au suivant.   Si vous souhaitez faire du bénévolat à la clinique, veuillez communiquer avec Cathy Tremblay à l’adresse ctremblay@chiropratique.com ou en composant le 1 514 355-0557, poste 103. Il est à noter que seuls les membres de l’ACQ sont autorisés à donner des soins à la clinique. La clinique est ouverte les mardis et les mercredis ainsi qu’un samedi par mois.
     
source:association chiropratique canadienne